Aides à la pince : des critères publiés, des ajustements demandés pour le fluvial par E2F
Le 23 décembre 2025, le gouvernement français a publié un appel à manifestation d’intérêt fixant les cinq critères d’accès aux aides à la pince, dispositif visant à soutenir l’exploitation de services réguliers de transport combiné entre 2025 et 2026 afin de favoriser le report modal vers des modes de transport massifiés comme le ferroviaire, le fluvial et le maritime à courte distance.
Ces cinq critères d’éligibilité définissent les conditions que doivent remplir les services pour bénéficier de ces aides : ils doivent être opérationnels en 2025 et 2026, relier deux terminaux multimodaux sur le territoire français ou depuis/vers un terminal étranger, constituer une alternative réelle à un parcours routier, être ouverts à tous sans discrimination et être réguliers, avec des jours et horaires connus à l’avance. Une condition de distance minimale de 80 km entre terminaux pour la partie massifiée du transport est également requise, sauf pour certaines activités spécifiques comme la distribution urbaine ou le transport de déchets.
Sur le plan financier, les aides sont calibrées à 23 € par manutention éligible pour les trafics réalisés en 2025 et à 22 € pour ceux de 2026, avec des plafonds liés au coût du transport : jusqu’à 30 % des coûts totaux hors pré et post- acheminements, et ne pas dépasser 88% des couts éligibles correspondant à la part des coûts externes que le transport fluvial permet d’éviter par rapport à la route.
Dans ce contexte, E2F a alerté la DGITM par courrier le 9 décembre 2025 sur les valeurs de coûts externes retenues pour le transport fluvial dans le calcul du plafonnement des aides. Certaines hypothèses, notamment en matière de bruit, de congestion et de dommages à l’habitat, conduisent à un écrêtement très marqué des aides pour les flux fluviaux, en particulier pour la logistique urbaine et les trafics de courte distance.
E2F demande un réajustement des valeurs de référence utilisées, en s’appuyant sur des comparaisons européennes et sur des données plus représentatives des réalités du fluvial, afin de préserver l’efficacité du dispositif.