Pont sur Yonne : un pont trop bas

E2F se mobilise depuis le mois de novembre 2020 sur le dossier de la reconstruction du pont routier de Pont-sur-Yonne. Retour sur une histoire rocambolesque.

Novembre 2020, un batelier quitte le port de Gron pour remonter vers Paris, chargé de conteneurs.

A l’approche du pont routier de Pont sur Yonne en reconstruction, il s’aperçoit qu’il peut difficilement passer et pour cause, le nouveau pont est plus bas de 38 centimètres que l’ancien.

C’est la première fois qu’une telle situation se produit sur les voies navigables françaises, a fortiori sur l’Yonne où tous les ponts récents ont été largement surélevés au moment de leur reconstruction pour faire face aux nouvelles contraintes de gabarit et aux trafics en nette hausse depuis l’entrée en service du port de Gron il y a près de 10 ans.

Pôle économique devenu incontournable dans le Département, zone de chalandise pour l’alimentation de Paris et composante de l’ensemble Haropa, récemment mis en lumière par le projet de fusion, Gron voyait ses trafics progresser année après année.

Bien que la réglementation ait bel et bien été appliquée, le gabarit minimum du Règlement Particulier de Police (RPP) a en effet été respecté, on s’étonne d’un tel résultat que le bon sens aurait réussi à éviter.

Ce résultat quel est-il ? La sécurité est menacée avec des risques d’échouage et de collision, la compétitivité également puisque la capacité d’emport des unités pour les colis lourds et les conteneurs devra être réduite pour pouvoir passer, imposant par ailleurs aux transporteurs de lester ou ballaster leurs bateaux lorsqu’ils sont à vide. Une spirale décliniste pour les trafics fluviaux et les clients qui lui ont fait confiance.

Une véritable régression inexplicable mais pas autant que le statu quo qui semble prévaloir chez le maître d’ouvrage qui s’apprête en toute connaissance de cause à inaugurer dans 6 mois ce pont routier en l’état, sans contester le moins du monde cet état de fait pour le fluvial.

Pourtant la solution technique, consistant en un rehaussement de ce pont, peut être mise en œuvre aisément en phase chantier.

E2F ne veut pas croire que l’obstination prévale sur des réalités économiques aussi flagrantes, à l’heure des grandes déclarations sur le transport fluvial et de la redécouverte des vertus de l’axe Seine au plus haut sommet de l’État.  

A bon entendeur…

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