Relance de l’apprentissage : les mesures annoncées par le gouvernement

A l’occasion d’une réunion organisée à l’Elysée le 4 juin, le gouvernement a présenté un plan de relance pour l’apprentissage dans le contexte de crise sanitaire actuel.
Un sujet essentiel pour le transport fluvial qui a bâti depuis plusieurs décennies son développement sur les compétences de ses personnels acquises dans le cadre de l’apprentissage, un dispositif particulièrement adapté à nos Professions.

Un sujet critique aussi au sortir de la crise, car les entreprises doivent plus que jamais amplifier leur engagement dans ce dispositif porteur d’avenir pour leur développement et vecteur d’attractivité et de montée en compétence pour les générations entrantes.

Une aide exceptionnelle aux employeurs

Cette mesure sur l’aide exceptionnelle à l’employeur sera intégrée dans le troisième projet de loi de finances rectificative pour 2020 qui sera présenté en Conseil des ministres le 10 juin.

L’aide sera mise en place du 1er juillet 2020 au 28 février 2021. D’un montant de 5 000 euros pour les apprentis mineurs et de 8 000 euros pour les majeurs.

Elle sera valable pour toutes les embauches d’apprentis préparant un diplôme infra-Bac à la licence professionnelle.

Le déclenchement du versement de cette aide exceptionnelle sera conditionné au dépôt du contrat d’apprentissage. Cette aide est sans autre condition pour les entreprises de moins de 250 salariés. Pour les entreprises de plus de 250 salariés elle sera soumise au respect du quota légal de 5 % d’alternants dans l’effectif. Si ce quota n’est pas atteint en 2021, les entreprises devront rembourser l’aide.

Prolongation de la période d’entrée préalable en formation

La période préalable d’entrée en formation est élargie de 3 à 6 mois. Cette mesure devrait s’appliquer aux jeunes entrant en CFA jusqu’à début septembre 2020. Ils auront alors jusqu’à fin février 2021 pour trouver un employeur (date de fin de la mesure d’aide exceptionnelle aux entreprises).

Aide à l’équipement informatique

Seront éligibles à l’aide au premier équipement (pour mémoire, aide versée par les OPCO et plafonnée à 500 euros), l’achat d’ordinateurs portables à prêter aux jeunes, afin d’inciter les CFA à continuer le développement de la formation à distance. Cette mesure, qui sera déployée à budget constant, doit encore faire l’objet de discussions et d’annonces plus précises par le Ministère du Travail.

Ce plan de relance ne concerne pas à ce stade les contrats de professionnalisation. La possibilité de mettre en place une aide financière pour ces derniers sera examinée dans le cadre d’une concertation sur l’emploi des jeunes avec les partenaires sociaux qui débutera à la mi-juin pour aboutir début juillet.

Depuis plusieurs semaines, la FFP interpellait les pouvoirs publics pour la mise en place d’un plan de continuité pour l’alternance.

La Fédération de la Formation Professionnelle (FFP) et la CPME, deux associations auxquelles appartient E2F, ont salué ces premières mesures. 

Elles appellent cependant à plus de précisions :

– Quel sera le statut du jeune pendant sa période de recherche de contrat élargie ? 

– Quelles seront les modalités de règlement financier de la formation des CFA pour les jeunes qui ne trouvent pas d’entreprise ?

Elles insistent également sur la nécessité de compléter ces premières mesures par un soutien aux contrats de professionnalisation.

Enfin, elles alertent sur les risques d’impact pour les modèles économiques des centres de formation : si les mesures de distanciation sociale étaient amenées à être maintenues à la rentrée de septembre, c’est moins d’un tiers des jeunes qui pourraient être accueillis en formation.


Téléchargement :
Communiqué FFP – Apprentissage : des premières annonces importantes pour éviter le déclassement des jeunes.