5ème vague, E2F alerte les pouvoirs publics sur ses conséquences pour la filière du tourisme

E2F a fait parvenir au ministre des Transports un courrier pour alerter sur les difficultés rencontrées par les opérateurs de tourisme fluvial et demander le retour de mesures d’accompagnement. Le même courrier a été envoyé aux ministres du Tourisme et de l’Économie.

Depuis la conférence de presse du ministre de la Santé Olivier Véran mercredi 24 novembre, la situation sanitaire n’a pas cessé de se dégrader, la France devenant pour un certain nombre de pays une zone classée à haut risque.

Les conséquences économiques sur le secteur du tourisme fluvial sont directes et catastrophiques.

Alors même qu’aucune mesure de fermeture ou de couvre-feu n’a été prise et que les professionnels de la filière appliquent un protocole sanitaire renforcé pour assurer la sécurité des salariés et des clients, les annulations atteignent aujourd’hui plus de 50 % pour les mois de décembre et janvier, bien davantage encore pour les prestations événementielles et les privatisations.

La profession, qui n’a pu travailler au maximum que 6 mois en 2021, subit un nouveau coup d’arrêt qui plonge les professionnels dans le plus grand désarroi.

L’effet de ciseau entre la chute de l’activité et la baisse des aides (i.e. fin du « quoiqu’il en coûte »), même atténué dans le secteur du tourisme par la poursuite d’un dispositif national d’accompagnement spécifique, génère une détérioration préoccupante du modèle économique en raison de plusieurs facteurs objectifs :

  • Fin au 1er août de l’aide applicable sur les rémunérations versées au titre des périodes d’emploi (15% du montant des revenus d’activité des salariés) ;
  • Fin au 1er octobre du fonds de solidarité et transfert sous le régime de prise en charge des coûts fixes, sous condition de perte minimum de chiffre d’affaires avec une exclusion des charges financières et des dotations aux amortissements de l’assiette de l’aide, avec un niveau cible de couverture selon le Ministère de l’Économie de 70 % des charges fixes (sans préjudice de la connaissance fine du dispositif, de l’infinie complexité à le mettre en œuvre pour les petites entreprises, et des décalages de versement de plusieurs mois, décret à paraître avant fin octobre);
  • Fin à compter du 1er novembre du dispositif exceptionnel d’activité partielle et passage sous le régime de l’activité partielle longue durée, générant 15 % de reste à charge pour l’employeur ;
  • Remboursement des prêts garantis par l’État à compter de 2022 pour les premières entreprises et 2023 pour la majorité d’entre elles, s’ajoutant aux encours de dettes habituels des compagnies dans une industrie très capitalistique.

Le niveau de dette a considérablement progressé et les niveaux de trésorerie seront au plus bas au 1er trimestre 2022.

E2F craint donc une paupérisation des entreprises de navigation dans les 12 à 24 mois qui viennent, situation peu acceptable en elle-même mais également susceptible d’avoir des répercussions en chaîne sur l’écosystème du fleuve.

Face à cette situation, la Profession sollicite donc un retour des mesures d’accompagnement qui avaient été mises en place pendant les vagues pandémiques précédentes et un report du remboursement des PGE. A cet égard, il est absolument indispensable que le tourisme fluvial soit pleinement intégré aux secteurs prioritaires S1 et S1 bis.

Il apparait tout aussi indispensable que les opérateurs publics sous la tutelle du Ministère poursuivent leur dispositif d’accompagnement, qu’il s’agisse de Voies Navigables de France, des ports ou des autres bailleurs publics.

E2F mesure l’effort financier qu’impliquent de telles mesures mais en conscience, elles nous semblent indispensables au rétablissement d’une situation économique soutenable pour la filière touristique fluviale.

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