Colloque International : le transport fluvial, une clé pour la croissance verte européenne

Organisé à l’initiative de la Plate-Forme Européenne du transport fluvial (IWT Platform) et des organisations internationales de bateliers (ESO) et d’armateurs (EBU), le colloque qui s’est déroulé le 20 novembre 2020 dans le cadre de la présidence allemande de l’Union, mettait à l’honneur le transport fluvial.

Des objectifs ambitieux mais réalistes

Dans son discours d’ouverture, le Ministre fédéral allemand des transports M. Andreas Scheuer a souligné le rôle important que joue la navigation intérieure dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement de la société et de l’industrie européennes. Il a évoqué le «Green Deal» de la Commission européenne, qui entraînera des défis majeurs dans les années à venir, mais aussi de grandes opportunités pour l’industrie de la navigation intérieure et les chargeurs. La présidence allemande du Conseil de l’UE avait pour objectif d’attirer l’attention sur ce que la navigation intérieure a déjà contribué à l’échelle européenne pour rendre le transport de marchandises et de passagers plus respectueux du climat et de l’environnement. D’un autre côté, il est devenu clair qu’un soutien européen et national sera nécessaire pour faire face aux défis de « l’écologisation » tels que définis dans le Green Deal de l’UE.

Les États membres de l’UE ont un réseau des voies navigables intérieures d’une longueur totale d’environ 25 000 kilomètres. C’est plus de la moitié du réseau mondial. En 2019, 165 millions de tonnes de fret ont été transportées sur la section allemande du Rhin seulement, qui est d’environ 620 kilomètres de long.

Ces chiffres bruts suffisent à illustrer l’importance de la navigation intérieure pour l’économie européenne.

« l’intelligence collective et la capacité d’anticipation d’une politique des transports bien construite, peuvent contribuer à renforcer la navigation intérieure en Europe en la rendant en même temps plus durable ».
Andreas Scheuer

Une politique de court, moyen et long terme sur le développement durable

Pour E2F, Matthieu Blanc (CFT) exprimait le point de vue de la Profession en des termes non moins clairs.

Le fluvial contribue massivement et positivement à la lutte contre le changement climatique de par sa nature. En effet, 200 conteneurs qui font 300 km en fluvial avec un post-positionnement routiers sont  forcément plus efficients que 300 km parcourus par la route.

Le secteur a une politique de court, moyen et long terme sur le développement durable. Notre but est de diminuer nos émissions de CO2 sur les trajets sur longue distance. Ensuite, d’éliminer nos émissions de particules dans les zones urbaines et enfin de brancher les bateaux avec de l’électricité de terre pour le courant de bord, lors de l’arrêt des bateaux, mais aussi pour les opérations de chargement et de déchargement. Ces étapes incluent le recours aux carburants de synthèse. A long terme, nous croyons à une solution hydrogène et électrique.

Nous n’avons jamais vendu un transport plus cher car il était moins émetteur. Jamais. Donc toutes les règles pouvant faire gagner de la compétitivité au fluvial sont quoiqu’il arrive à privilégier si nous voulons réussir la transition énergétique.

La France se dotera elle-aussi d’un green deal avec la signature dans les prochaines semaines d’« Engagements pour la croissance verte ».

Le «Green Deal», une chance pour la navigation intérieure

Le commissaire Mme Adina Vălean a souligné le potentiel important de la navigation intérieure pour contribuer aux objectifs climatiques. Elle a promis de renforcer le soutien de l’UE au secteur. Depuis le début de la pandémie, l’UE a déclaré les travailleurs des transports essentiels à nos économies, demandant aux États membres que les travailleurs soient protégés dans l’exercice de leurs fonctions et qu’ils ne soient pas tenus d’observer la quarantaine lorsqu’ils se déplacent pour le travail. La Commission ne cesse de le rappeler, car sans un bon fonctionnement de nos chaînes d’approvisionnement, notre économie s’arrêtera. L’UE s’emploie également à lancer le fonds européen de relance économique. En mai, une proposition de 750 milliards d’euros a été présentée pour «l’UE de la prochaine génération». Son mécanisme de relance et de résilience, doté d’un budget de plus de 500 milliards d’euros, devrait aider les États membres à soutenir les investissements liés aux voies navigables intérieures, tant dans l’intérêt économique qu’environnemental. Cela devrait rendre le secteur plus résilient aux chocs futurs.

Une stratégie, un programme et des instruments de mise en œuvre sont nécessaires

Le président de l’EBU, M. Paul Goris, a souligné qu’en transférant des volumes plus importants vers le transport par voies navigables intérieures, il était possible de contribuer à la réalisation du Green Deal européen. Pour concrétiser les avantages de la navigation intérieure conformément aux objectifs européens et mondiaux, une stratégie, un programme et des instruments de mise en œuvre concrets sont nécessaires. Le secteur de la navigation intérieure appelle à un programme dédié dans le cadre d’un effort conjoint de la Commission européenne, des États membres, des commissions fluviales et des parties prenantes dans le cadre du suivi du Programme NAIADES pour 2021-2027.

Les différents intervenants qui se sont succédé ont ainsi largement plaider pour que le Plan de Relance Européen permette de soutenir notamment financièrement le Green Deal. C’est tout l’objet de la Plate-Forme Européenne du transport fluvial (IWT Platform) et des organisations internationales de bateliers (ESO) et d’armateurs (EBU).


Télécharger les documents :
IWT / OEB / EBU : La contribution, les priorités et l’ambition du secteur de la navigation intérieure (en anglais).
Déclaration du président de l’EBU à l’évènement IWT du 20 novembre 2020 (en anglais).

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