Déconfinement : les bateaux-hôtels restent à quai, la Profession s’insurge

A la suite des récentes annonces relatives aux différentes étapes de levée des restrictions la réouverture est actée à partir du 19 mai pour :

  • Les gîtes
  • Les petits trains touristiques
  • Des terrasses sans restriction supplémentaire autre que le respect du protocole sanitaire.
  • Des restaurants d’hôtel pour leurs seuls clients dans leurs salles de restaurants pour le petit déjeuner, le déjeuner, ou le dîner.
  • Des traiteurs organisateurs de réceptions qui pourront organiser des mariages, des réceptions à la condition que la restauration se fasse assise.

Malheureusement aucune perspective n’a été donnée autre que celle d’une ouverture au 30 juin pour les opérateurs de Bateaux Hôtels qui restent assimilés à la croisière maritime avec laquelle ils n’ont en commun que le fait d’opérer des bateaux. 

Vu de Paris, un bateau itinérant sur les fleuves et rivières a tout à voir avec un navire Costa et ses milliers de touristes à bord…

Recadrons les choses.

L’activité des bateaux-hôtels fluviaux ne peut pas et doit pas être assimilée aux paquebots de croisière compte tenu :

  • De leur nombre restreint (Une centaine entre les paquebots et les péniches – hôtels)
  • De leur capacité d’emport plus que limitée (moins de 12 passagers pour les plus petits, moins de 200 pour les plus « gros »)
  • Leur proximité avec la terre : capacité à escaler en cas de suspicion sanitaire dans un délai de 30 minutes, proximité des centres hospitaliers 
  • Une clientèle familiale et de séniors 
  • Le nombre restreint d’espaces communs 
  • La programmation stricte et invariable du plan de transport et des activités à bord et à terre. 

A l’arrêt sur décision administrative depuis le mois d’octobre 2020 (après l’avoir été de mars à juin de la même année), les opérateurs de bateaux-hôtels fluviaux, au vu du nouveau contexte sanitaire et soucieux de garantir la sécurité et la santé de leurs clients, les professionnels souhaitent pouvoir reprendre leur activité, leur survie en dépend – une filière de proximité made in France, avec des milliers d’emploi à la clé.

Une ouverture pourtant pleinement justifiée, en plus des garanties sanitaires supplémentaires apportées, par un impératif économique consistant à ne pas retarder davantage le démarrage de la saison touristique, et à la fin du dispositif de report des croisières annulées en 2020 en vertu de l’Ordonnance n° 2020-315 du 25 mars 2020 relative aux conditions financières de résolution de certains contrats de voyages touristiques et de séjours en cas de circonstances exceptionnelles et inévitables ou de force majeure, qui se fondait sur un objectif de reprise au début du printemps 2021. Elle l’est aussi par le bilan sanitaire très positif de ce secteur tiré des quelques phases de réouvertures en 2020, elle-même fruit à la fois de la rigueur de la gestion sanitaire par les compagnies mais aussi de ses spécificités (bateaux de taille réduite, proximité avec la terre permettant une gestion médicale optimum…). 

Pourquoi ignorer une telle demande qui introduit une véritable rupture d’égalité avec les activités de tourisme terrestre et en particulier l’hôtellerie ?

L’incompréhension domine dans le secteur qui se sent totalement oublié et laissé pour compte.

Faut-il peser des dizaines de milliards d’euros de chiffre d’affaires pour être entendu ? Faut-il manifester pour faire réagir ?

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