Grèves : un bilan qui s’alourdit pour le secteur fluvial

Depuis près de 40 jours, notre pays vit au quotidien avec des blocages plus ou moins intensifs de ses infrastructures, un record historique.

Le transport fluvial et ses clients n’échappent pas à ce mouvement qui commence à coûter très cher à la filière constituée de PME / TPE à la trésorerie et aux marges faibles.

Le blocage des ports maritimes occasionne aussi l’arrêt des transports (conteneurs, produits énergétiques) et des pré et post acheminements fluviaux. A Rouen, premier port d’exportation européen pour les céréales, plus de 10 000 tonnes de marchandises sont en déshérence.

Selon les observateurs, ces blocages devraient être reconduits la semaine prochaine, une catastrophe pour la filière.

Ce sont les mouvements spontanés et imprévisibles qui ont été le plus difficile à appréhender dans le cadre des organisations logistiques, et c’est le mode d’action privilégié depuis décembre sur le réseau de Voies Navigables de France par les grévistes.

Le fluvial n’a ni la souplesse ni la capacité de réaction et de repositionnement du transport routier, il est captif de son réseau, assimilable à un site propre de transport public, et un blocage même temporaire en un point du réseau provoque un effet domino de désorganisation globale.

Ceci est d’autant plus dommageable que le fleuve, par sa capacité d’absorption, pourrait constituer une solution de mobilité en période de crise tant pour les marchandises que pour les personnes.

Qui va payer les temps d’attente et les surestaries ? Qui va compenser les pertes d’exploitation et les charges quotidiennes qui continuent de peser sur nos entreprises ?

Le tourisme fluvial s’alarme lui-aussi des lourdes conséquences de la grève que ce soit à Paris, en région parisienne et en province :

  • Annulation de séjours touristiques : transport, hôtel ;
  • Annulation d’évènements professionnels, séminaires, spectacles ;
  • Baisse de fréquentation ;
  • Image de la France dégradée à l’international ce qui incite les organisateurs d’évènements à se tourner vers d’autres pays pour les mois à venir.

Les pertes d’activités des professionnels durant cette période ne seront pour l’essentiel jamais rattrapées.

Les membres d’Entreprises fluviales de France – E2F appellent à la responsabilité collective et à la fin immédiate de cette mise à l’arrêt.

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