Les Jeux olympiques Paris 2024 accélérateurs de la transition de la Seine

Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, leur dimension voulue comme exemplaire, l’importance de leurs héritages, les opportunités, les enjeux autour de la Seine et pour le fluvial et tout ce qui se passe déjà ont été au cœur d’une webconférence d’Haropa-Ports de Paris avec l’institut de l’économie positive.

« Pour Ports de Paris, les Jeux olympiques de 2024 sont une occasion exceptionnelle de mettre en lumière les possibilités offertes par la Seine, de réinventer ses usages pour aujourd’hui et pour demain. Les Jeux sont une opportunité pour le transport fluvial. Ils s’inscrivent dans une démarche exemplaire et il faut être à la hauteur de cet engagement national. C’est un défi pour tous les acteurs concernés, montrer que l’on sait faire et prendre le virage de la transition énergétique », a dit Catherine Rivoallon, présidente du conseil d’administration de Haropa-Ports de Paris, lors d’une webconférence organisée par cet établissement avec l’institut de l’économie positive le 4 décembre 2020. Le thème en était : « comment faire de la Seine le catalyseur de l’organisation de Jeux olympiques et paralympiques positifs ? »

Elle a ajouté : « Nous sommes face à un virage important, il s’agit de construire un nouveau modèle de Jeux olympiques avec une intégration de la ville et de la Seine, c’est aussi le moment de repenser cette intégration.

Nous sommes également dans le concret avec les aspects concernant la motorisation des bateaux, les rejets de polluants dans la Seine, l’amélioration de la qualité de l’eau et, plus généralement, de la qualité de vie des riverains du fleuve. Toutes ces avancées ne seront pas remises en cause après les Jeux ».

« Engager de nouvelles manières de faire »

Pour Célia Blauel, adjointe à la maire de Paris en charge, entre autres, de la délégation Seine, le fleuve présente l’atout de ne pas connaître les frontières administratives et oblige à penser « global et coopération ».

Selon cette élue, « le plus important pour la ville, c’est la dimension héritage des Jeux à l’horizon 2030 et 2050. Les JO peuvent permettre d’engager de nouvelles manières de faire et qu’on ne changera plus après : réduire l’empreinte énergétique et écologique de la logistique. Il faut conserver une vocation industrielle au fleuve et favoriser la mixité des usages, lui redonner l’une de ses vocations de livraison en circuit court, transformer les énergies utilisées ».

Elle a nuancé ce propos en indiquant : « La Seine est un élément d’un écosystème global. Il y a des changements à opérer et les Jeux vont nous y aider mais ils ne feront pas tout ».

Parmi les héritages cités par Célia Blauel, il y a aussi la possibilité de se baigner dans la Seine, une mise en valeur de l’eau qui constitue une ressource à préserver. Pour elle, la Seine, ce sont bien aussi des usages agricoles, l’eau potable pour les habitants. Elle a fait part d’une volonté de « dynamiser la communauté des acteurs autour du fleuve avec des objectifs positifs comme la transformation sociétale et des territoires ».

Des points de vigilance

Catherine Rivoallon a abordé les différentes actions conduites par les Ports de Paris en vue des Jeux de 2024, en partenariat avec VNF et la Solideo pour le transport des déblais du village olympique, une réalité depuis juin 2020. Le port investit 15 millions d’euros pour améliorer la qualité de l’eau et la collecte des eaux usées. Un travail est en cours pour livrer par le fleuve les matériaux pour la construction du village. Une réflexion est conduite pour faire en sorte d’utiliser la Seine pendant les Jeux. L’un des points de vigilance est d’ailleurs d’assurer la gestion des infrastructures et de permettre l’accès aux bateaux pendant la période des JO.

« Nous visons avec les Jeux pour le fluvial davantage de transport de marchandises, une logistique durable du dernier kilomètre, du transport de passagers. Faire en sorte que des marchandises qui n’utilisent que très peu la voie d’eau aujourd’hui y viennent plus massivement », a continué Catherine Rivoallon.

Dans la perspective des Jeux, le « verdissement » de la flotte fluviale constitue un enjeu majeur. Haropa et VNF conduisent un projet de réalisation de 70 bornes eau et électricité à quai supplémentaire à l’horizon 2024 et qui bénéficie d’un financement européen.

Pour la présidente du conseil d’administration des Ports de Paris : « Les Jeux sont utiles mais on ne les pas attendus non plus pour avancer et faire cohabiter les différentes activités. Il ne faut pas oublier que la Seine approvisionne le cœur de la ville et cela même si la logistique ne plaît pas toujours aux riverains des installations. Il faut continuer à faire cohabiter les activités de loisirs et de logistique ».

« Etre créatif et disruptif »

Pour Dominique Ritz, directeur de VNF bassin de la Seine : « Nous participons aux Jeux à plusieurs titres : faire en sorte que le fluvial soit pris en compte avant, pendant et après l’événement, permettre la continuité de la navigation et du trafic. Le transport fluvial de passagers doit profiter de cet événement. Le fluvial a toute sa place dans les Jeux 2024 dont l’ambition est qu’ils soient exemplaires ».

Source : NPI.

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