Tribune sur l’Alliance ferroviaire – fluviale

En vue de soutenir un plan de relance fluvial, sur la base des propositions d’E2F, une Tribune cosignée par les entreprises de transport fluvial, les chargeurs et VNF sera diffusé prochainement à la presse (Les Echos, Le Monde ou la Tribune). Vous en trouverez ci-dessous le contenu.

Le 21 juin dernier, les 150 membres de la Convention Citoyenne pour le Climat ont remis au gouvernement 149 propositions, visant à réduire d’au moins 40% les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2030 et à modifier en profondeur notre société : augmenter les investissements publics dans les infrastructures ferroviaires et fluviales, développer le fret maritime, ferroviaire et fluvial.

Les bénéfices des modes de transport massifiés en matière d’environnement ont tout naturellement émergé des réflexions sur les évolutions souhaitables en matière de transport de marchandises, les mettant en évidence comme vecteurs principaux de la transition écologique justifiant que les Pouvoirs Publics leur accordent le plus haut degré de priorité. Nous partageons cette vision exprimée par nos concitoyens, quant à la nécessité de privilégier les investissements et les incitations à même d’accélérer le report vers des modes de transports massifiés, plus vertueux, et de le faire selon une approche et des actions coordonnés.

Dans cette logique, la filière du fret fluvial doit être pleinement intégrée à la construction d’une stratégie de relance pour le développement de chaînes logistiques bas carbone et mieux venir en appui de nos industries au niveau régional.

Nous pouvons témoigner que, durant cette période hors norme de crise sanitaire liée au coronavirus, les acteurs du fret fluvial ont démontré toute leur robustesse, leur efficacité et leur capacité d’adaptation pour assurer la continuité du transport de marchandises sur le territoire.

De par son empreinte environnementale faible, compte tenu de la capacité de transport qu’il permet, le fluvial répond pleinement aux impératifs de réduction des émissions de GES, pour acheminer les marchandises de toute nature.

Le fluvial concourt directement à la décongestion des axes routiers, à l’amélioration de la qualité de l’air, à la sécurité et la réduction des nuisances. Chaque convoi fluvial de 5 000 tonnes représente jusqu’à l’équivalent de 250 camions. Il s’agit d’un mode fiable, car il est le mode du « juste à temps », il arrive à l’heure, et n’est pas soumis à la congestion à l’entrée des agglomérations. Il est un mode sûr avec le taux d’accidentologie le plus faible.

Aujourd’hui nous constatons une rupture de tendance en faveur du transport fluvial, le mode est celui qui a enregistré la plus forte hausse en 2019 de tous les modes de transports : + 10% avec près de 7,4 milliards de t-km effectués.

Par ailleurs, le réseau fluvial bénéficie à la fois d’une connexion à nos grands ports maritimes, d’un ancrage à l’Europe, et de la desserte de proximité au cœur des grandes aires urbaines. Le réseau fluvial français constitue un maillage solide sur l’ensemble du territoire et un très fort potentiel de développement de trafic dès lors que les bassins sont reliés, les infrastructures régénérées et progressivement modernisées.

Pour faciliter la relance d’une logistique bas carbone, les acteurs du fluvial ont transmis des propositions visant à accélérer le report modal vers le fluvial, à accroître la compétitivité économique du mode, à renforcer les infrastructures et à verdir la flotte.

On le voit, les potentialités sont nombreuses pour que les modes massifiés, le ferroviaire et assurément aussi le fluvial, deviennent l’épine dorsale de la logistique verte en complémentarité avec la route. C’est pour cela que nous demandons aux Pouvoirs Publics de soutenir pleinement la filière dans le cadre de la relance, de prendre en compte toutes les dimensions du transport massifié, comme l’ont exprimé les membres de la convention citoyenne pour le climat afin de réussir la transition écologique.

C’est le sens de l’histoire, nous en avons la conviction profonde.

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